> Rien à foutre de rien
juillet 3rd, 2009> Retour à la normale
juillet 2nd, 2009> Slightly ouf of focus [17]
juillet 1st, 2009> La surprise du jour
juin 30th, 2009[...] Et d’ailleurs, grâce à mon incroyable maîtrise de l’Internet, si on clique sur l’image, on en voit plus. Pour le magazine Le Tigre, c’est ici.
> Enfin !
juin 30th, 2009> L’os de Dionysos
juin 29th, 2009Victime de l’une des dernières censures littéraires en France, L’Os de Dionysos a connu diverses fortunes éditoriales, avant de ressortir en catimini l’année dernière au Livre de Poche, sans faire parler de lui. Ultime outrage, ce roman condamné en 1987 pour “trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie [...]” cohabite désormais avec Chattam, Werber et Sollers au rayon culture de nos supermarchés favoris, entre le livre politique de la rentrée et Petit Ours Brun. Triste fin pour un livre léger, drôle, court et ciselé.
S’il est toujours intéressant de relire les textes interdits plusieurs décennies après les faits, le constat est généralement le même : tout ça pour ça ? Si Christian Laborde se fait plaisir, il n’en reste pas moins discret et la fameuse “pornographie” reprochée à L’Os de Dionysos (entre autres) semble aujourd’hui aussi saine que généreuse. Pornographique, le roman l’est très peu, politique sans doute, surréaliste bien sûr, mais surtout vivant. Et joyeux, et bordélique, et débordant (parfois trop, au risque de tomber dans le naïf), autant de qualités insupportables pour la gauche à l’Élysée, la droite à Matignon (c’est la première cohabitation) et l’ultra-droite populiste véreuse à l’intérieur (hantée par Charles P. aujourd’hui célèbre pour ses frasques judiciaires et modèle du ministre actuel). On reprochera même à l’auteur de faire dans le “paganisme” et de représenter “un danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale.” Il faudra attendre 1989 et la Cour de Cassation pour que L’Os de Dionysos retrouve un statut légal et sa vie de roman.
L’histoire, elle, est à la fois simple et complexe. Double littéraire de Christian Laborde, Christophe Laporte travaille comme professeur de français et d’occitan dans un collège du sud-ouest. Proche de ses élèves, original et honteusement enthousiaste quant à son rôle d’enseignant (on retrouve abondamment tous les clichés du prof-aimé-des-élèves, ce qui affaiblit le roman), il navigue en eaux troubles dans cet établissement religieux dirigé par une ancienne prof de mathématique sans âme et surveillé par des prêtres que l’on imagine tout sauf progressistes. De ce travail alimentaire, Laporte ne tire pas grand chose, si ce n’est la sensation tenace de gâcher son talent d’écrivain. Car il écrit, l’animal, sur lui, sur Laure, surtout, son égérie douce et moite, et enfin sur son établissement scolaire, quand la nullité de son quotidien et l’insupportable connerie des collègues réveillent sa plume rageuse. Tout est dit, L’Os de Dyonisos est la descente en flammes d’un système, parfois trop baroque et lyrique pour convaincre totalement, mais descente en flammes quand même, ce qui ne fait jamais de mal en ces périodes brunâtres. Joyeusement garni de considérations assassines et de sentences brutalement drôles, le roman se lit comme la chronique intime et onirique d’un homme condamné à la médiocrité, médiocrité qu’il refuse en bouclant la boucle et en écrivant L’Os de Dionysos. L’histoire judiciaire occulte sans doute les qualités intrinsèques du livre, c’est le jeu, mais la chose reste suffisamment subtile et somme toute optimiste pour enthousiasmer à peu près n’importe qui. Apôtre d’une littérature de la vie, Laborde le prouve en moins de cent cinquante pages. Vivement qu’on l’interdise à nouveau, ce qui, rassurons-nous, ne devrait plus tarder.









